Donald Trump – Finance et Investissement https://uat-phoenix.finance-investissement.com Source de nouvelles du Canada pour les professionnels financiers Mon, 10 Feb 2025 12:10:29 +0000 fr-CA hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.1.1 https://uat-phoenix.finance-investissement.com/wp-content/uploads/sites/2/2018/02/cropped-fav-icon-fi-1-32x32.png Donald Trump – Finance et Investissement https://uat-phoenix.finance-investissement.com 32 32 Des droits de douane de 25 % sur l’acier et l’aluminium https://uat-phoenix.finance-investissement.com/nouvelles/des-droits-de-douane-de-25-sur-lacier-et-laluminium/ Mon, 10 Feb 2025 12:07:17 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=105577 Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il annoncera officiellement lundi des droits de douane de 25 % sur toutes les importations d’acier et d’aluminium, y compris pour le Canada et le Mexique.

Donald Trump s’est exprimé dimanche lors d’une conférence de presse à bord de l’avion présidentiel lorsqu’il se rendait à La Nouvelle-Orléans pour assister au Super Bowl entre les Chiefs de Kansas City et les Eagles de Philadelphie.

Donald Trump a imposé des droits de douane sur l’acier et l’aluminium de 25 % et 10 % respectivement au cours de son premier mandat en mars 2018, en invoquant la sécurité nationale comme justification.

Le Canada a d’abord bénéficié d’une exemption à ces tarifs, mais a finalement été frappé par les droits de douane le 31 mai 2018. Le Canada a répondu par une série de contre-droits de douane sur des produits américains comme le jus d’orange de Floride.

Près d’un an plus tard, le 17 mai 2019, la Maison-Blanche a annoncé qu’un accord avait été conclu pour empêcher les « hausses » des approvisionnements en acier et en aluminium du Canada et du Mexique, mettant ainsi fin au conflit commercial.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a réagi à cette annonce sur le réseau social X, disant qu’il n’y a « aucun scénario » où les États-Unis « produiront assez d’aluminium pour remplacer celui du Québec ».

« Vous exposez vos industries de pointe à une grave inflation. Négocions plutôt… », a écrit Yves-François Blanchet, s’adressant au président Trump.

Un responsable du cabinet du premier ministre a déclaré dimanche qu’ils « surveillaient » la situation.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a pour sa part écrit sur X : « Le Québec leur exporte 2,9 millions de tonnes d’aluminium, soit 60 % de leurs besoins. Préfèrent-ils s’approvisionner en Chine ? ».

Il a ajouté, dans la même publication, que « tout cela démontre qu’on doit commencer à renégocier notre entente de libre-échange avec les États-Unis au plus vite et ne pas attendre la révision prévue en 2026 ».

Le Canada comme 51e État 

Fox News a diffusé une entrevue avec Donald Trump avant le match de football, où il a dit vouloir voir le Canada devenir un État américain, en raison de l’affirmation non fondée selon laquelle les États-Unis « paient 200 milliards de dollars (G$) par an » à leur voisin du nord.

Le président affirme que le Canada serait « bien mieux » en tant qu’État et qu’il serait d’accord pour « subventionner » le Canada s’il était un État, une référence apparente au déficit commercial entre les deux pays.

Selon Statistique Canada, l’excédent commercial global du Canada avec les États-Unis s’élevait à 94,4 G$ en 2023, principalement en raison des exportations de pétrole.

Donald Trump a fait cette déclaration en réponse à une question posée par Bret Baier, présentateur de Fox News, lors de l’entrevue télévisée de dimanche.

Bret Baier a interrogé Donald Trump sur les propos tenus vendredi par le premier ministre Justin Trudeau, qui a déclaré à un groupe de chefs d’entreprise que le président ne plaisantait pas avec l’idée de faire du Canada un État américain.

« Je pense que le Canada serait bien mieux loti en tant que 51e État, car nous perdons 200 G$ par an au profit du Canada, et je ne vais pas laisser cela se produire », a répondu Donald Trump à Bret Baier.

« C’est trop. Pourquoi payons-nous 200 G$ par an en subventions au Canada ? Maintenant, s’ils sont un 51e État, cela ne me dérange pas. »

Vendredi, le premier ministre Trudeau a affirmé à une foule de plus de 100 chefs d’entreprise lors d’un sommet économique Canada–États-Unis, à Toronto, que les commentaires de Donald Trump sur la transformation du Canada en État étaient « une réalité ».

Ses commentaires sur Donald Trump ont été faits à huis clos après que les journalistes ont été expulsés de la salle. Le Toronto Star a pu entendre ce que Justin Trudeau disait parce que l’audio a été diffusé par inadvertance.

Donald Trump a d’abord menacé d’imposer des droits de douane de 25 % sur les produits canadiens en raison des problèmes de sécurité aux frontières liés au fentanyl et à l’immigration clandestine, mais ses commentaires continuent de porter sur le commerce avec le Canada et, plus récemment, sur le manque de banques américaines en sol canadien.

Les problèmes frontaliers restent la justification officielle de la menace de tarifs, selon le décret exécutif.

Le 3 février, le Canada et le Mexique ont tous deux obtenu un sursis d’au moins 30 jours avant que la menace ne se concrétise, après que Justin Trudeau et la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum ont parlé à Donald Trump de leurs plans respectifs concernant la frontière.

Le plan du Canada comprend des dépenses de 1,3 G$, annoncées pour la première fois en décembre, pour renforcer la sécurité frontalière, y compris des patrouilles avec des hélicoptères, et la mise en place d’un « tsar du fentanyl » qui travaillera avec ses homologues américains pour lutter contre la crise des drogues toxiques.

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Les marchés face à une nouvelle ère de volatilité en 2025 https://uat-phoenix.finance-investissement.com/nouvelles/les-marches-face-a-une-nouvelle-ere-de-volatilite-en-2025/ Fri, 07 Feb 2025 11:24:55 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=105292 Les marchés financiers s’apprêtent à traverser une période de forte instabilité en 2025, avertissent les experts en finance comportementale d’Oxford Risk. Selon leur analyse, les réactions émotionnelles des investisseurs face aux fluctuations des marchés coûtent en moyenne 3 % de rendement chaque année et ces pertes pourraient s’aggraver dans les mois à venir.

Cette prévision s’aligne avec les conclusions d’un rapport du Man Institute, qui anticipe un changement majeur dans la nature des facteurs de volatilité : alors que l’année 2024 a été marquée par des attentes électorales et des décisions des banques centrales, 2025 sera davantage influencée par des événements concrets.

En premier lieu, la nouvelle présidence de Donald Trump et ses décisions concrètes en matière de politique commerciale, notamment concernant les tarifs douaniers imposés au Canada, au Mexique et à la Chine, auront un impact direct sur les marchés. Par ailleurs, le cycle de baisse des taux d’intérêt des banques centrales et les développements géopolitiques, particulièrement concernant la situation en Ukraine, constituent d’autres sources potentielles de turbulences.

Face à ces défis, Oxford Risk recommande l’utilisation de logiciels de conseil financier basés sur la finance comportementale pour éviter les décisions impulsives des investisseurs. James Pereira-Stubbs, directeur client chez Oxford Risk, rappelle que « la volatilité fait partie de l’investissement, et les gens doivent apprendre à ignorer le bruit, se concentrer sur leurs plans financiers à long terme et éviter les décisions précipitées d’achat ou de vente ».

Il insiste également sur le rôle crucial des conseillers, qui doivent disposer de technologies adaptées pour offrir un accompagnement personnalisé en période de forte volatilité.

Selon lui, la fin de la vérification des faits sur les réseaux sociaux aux États-Unis ajoutera à la volatilité, incitant les gens à investir dans les dernières modes et augmentant l’intérêt pour les cryptomonnaies et les actifs numériques. « Les conseillers peuvent répondre à ces problématiques pour leurs clients », assure-t-il.

Le rapport du Man Institute suggère par ailleurs que les stratégies d’investissement qui ont bien performé récemment pourraient perdre de leur efficacité en 2025, incitant les investisseurs à rechercher des opportunités dans des secteurs jusqu’ici délaissés. Cette approche contrariante pourrait s’avérer payante dans un environnement où les marchés réagiront moins aux attentes et davantage aux faits concrets.

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Richesse et pauvreté : les écarts se creusent de façon accélérée https://uat-phoenix.finance-investissement.com/nouvelles/richesse-et-pauvrete-les-ecarts-se-creusent-de-facon-acceleree/ Wed, 05 Feb 2025 12:03:32 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=105145 Le rapport annuel de l’ONG Oxfam, publié en marge du Forum économique mondial de Davos, dresse un tableau de l’accélération des inégalités économiques dans le monde. Voici sept constats issus de cette analyse.

  1. Une accélération vertigineuse en 2024

En 2024, la fortune des milliardaires a augmenté de 2 000 milliards de dollars (G$) dans le monde, un rythme trois fois plus rapide qu’en 2023. Les chiffres sont impressionnants : chaque milliardaire a vu sa fortune augmenter en moyenne de 2 millions de dollars américains (M$ US) par jour. Pour les dix plus grandes fortunes, ce chiffre atteint 100 M$ US quotidiens (tous les montants sont en dollars américains).

Aux États-Unis, Elon Musk, Jeff Bezos et Mark Zuckerberg figurent parmi les grands gagnants, eux qui contrôlent des industries dominantes, voire monopolistiques. À lui seul, Jeff Bezos possède une fortune nette de 219,4 G$ US, principalement issue d’Amazon qui contrôle jusqu’à 70 % des achats en ligne dans plusieurs pays occidentaux.

  1. L’effet Trump et ses conséquences

L’élection de Donald Trump en novembre 2024 soulève de vives inquiétudes chez les experts d’Oxfam. Le rapport souligne que son retour à la Maison-Blanche représente « une aubaine pour les milliardaires » et présage une augmentation significative des inégalités.

Les politiques économiques annoncées par l’administration Trump devraient, selon les analystes, favoriser davantage la concentration des richesses au détriment des classes moyennes et populaires. Cette tendance s’inscrit dans un contexte où la Banque mondiale estime qu’au rythme actuel, plus d’un siècle serait nécessaire pour éradiquer la pauvreté sans réduction des inégalités.

  1. L’héritage plutôt que le mérite

L’année 2023 marque un tournant historique : pour la première fois, l’héritage supplante l’entrepreneuriat comme principale source de richesse chez les nouveaux milliardaires.

Le rapport révèle que tous les milliardaires de moins de 30 ans, sans exception, doivent leur fortune aux legs de leurs parents plutôt qu’à leurs propres initiatives. Plus largement, 60 % de la fortune totale des milliardaires provient désormais d’héritages, de liens de connivence, de pratiques relevant de la corruption ou de situations de monopole. Au cours des trois prochaines décennies, plus de 1000 milliardaires actuels prévoient de transférer plus de 5200 G$ US à leurs héritiers.

  1. Des héritages peu taxés

Le rapport d’Oxfam révèle que la moitié des milliardaires mondiaux résident dans des pays n’appliquant aucun droit de succession sur les héritages destinés à leurs enfants. Les recherches menées par l’organisation montrent que deux tiers des pays n’imposent aucune taxe successorale aux descendants directs.

  1. Un écart qui se creuse avec la classe moyenne

Pendant que les ultrariches prospèrent, la situation de la classe moyenne se dégrade.

Le rapport met en lumière une accumulation de difficultés :

  • multiplication des dettes irrécouvrables,
  • érosion des salaires réels
  • et flambée des prix alimentaires.

Les conséquences de la pandémie continuent de peser sur les ménages, tandis que les effets du dérèglement climatique aggravent les inégalités existantes.

  1. Les femmes, premières victimes des inégalités
    Le rapport met en lumière les disparités de genre : à l’échelle mondiale, une femme sur dix vit dans une pauvreté extrême.

En Amérique du Nord, les femmes issues de minorités ethniques et les travailleuses précaires sont particulièrement affectées, amplifiant les défis pour réduire ces inégalités.

  1. Une dynamique héritée du colonialisme
    Oxfam rappelle que les systèmes financiers mondiaux continuent de favoriser les pays du nord, y compris les États-Unis et le Canada, au détriment des nations plus pauvres. En 2023, les 1 % les plus riches des pays du nord ont accumulé 30 M$ US par heure au détriment des pays du sud.

 

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Tarifs douaniers : 30 jours de sursis https://uat-phoenix.finance-investissement.com/nouvelles/tarifs-douaniers-30-jours-de-sursis/ Tue, 04 Feb 2025 12:04:37 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=105317 Le président américain Donald Trump exempte, à court terme, le Canada de tarifs douaniers de 25 %, comme il a signalé qu’il allait le faire pour le Mexique.

Le premier ministre Justin Trudeau a fait savoir lundi sur le réseau X que la surtaxe était mise « sur pause pour au moins 30 jours », le temps que Washington et Ottawa travaillent sur la sécurisation de la frontière avec, notamment, un nouvel engagement canadien d’ajouter les cartels mexicains à la liste des entités terroristes.

« Près de 10 000 agents sont et seront sur le terrain pour protéger notre frontière. En plus, le Canada prend de nouveaux engagements », a déclaré le chef de gouvernement démissionnaire après avoir conclu son second appel de la journée avec le locataire de la Maison-Blanche.

Revenant sur les investissements frontaliers de 1,3 milliard de dollars (G$) annoncés en décembre, Justin Trudeau a fait savoir que le Canada nommera aussi « un Tsar responsable de la question du fentanyl » et lancera, en collaboration avec les Américains, « une force de frappe conjointe » chargée de se pencher sur le trafic de cette drogue, de même que sur le crime organisé et le blanchiment d’argent.

« J’ai aussi signé une nouvelle directive pour les services de renseignement, axée sur le crime organisé et le fentanyl, qui sera appuyée par un investissement de 200 millions de dollars (M$) », a ajouté le premier ministre.

Le ministre canadien de la Sécurité publique, David McGuinty, doit se rendre mardi « à un exercice sur la sécurité frontalière au point d’entrée d’Emerson, au Manitoba », peut-on lire dans un avis aux médias. Il est prévu qu’il soit accompagné, entre autres, du premier ministre du Manitoba, Wab Kinew et « d’autres partenaires fédéraux et provinciaux ».

Donald Trump n’a pas tardé à se dire « très heureux de cet aboutissement initial ». « Les tarifs annoncés samedi seront suspendus pour une période de 30 jours pour voir si une entente économique finale avec le Canada peut être structurée ou non. ÉQUITÉ POUR TOUS ! », a-t-il écrit sur son réseau « Truth Social ».

Un peu plus tôt, le président américain n’avait pourtant envoyé aucun signal de réchauffement dans les discussions avec le Canada.

Quelques heures après un son premier appel avec Justin Trudeau et peu de temps avant le deuxième, il avait dit depuis le Bureau ovale qu’il était très difficile pour les États-Unis de faire des affaires avec le Canada, qui, selon lui, est « très difficile » et profiteur.

« Nous ne pouvons pas les laisser profiter des États-Unis », avait-il lancé, soutenant que son administration n’avait aucun intérêt, par exemple, envers les voitures faites au Canada puisque les véhicules devraient, selon lui, être entièrement fabriqués par les Américains.

Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises, lundi, que le secteur des banques américaines se bute à un refus lorsque vient le temps de faire des affaires au nord de la frontière des États-Unis.

« Nous ne sommes pas bien traités par le Canada et nous devons être bien traités », a-t-il pesté.

Plus d’une dizaine de banques américaines ont une présence au Canada, comme Citibank, J. P. Morgan et Comerica.

Les décrets visant à mettre la menace américaine à exécution ont été signés samedi et prévoient, dans le cas de l’énergie canadienne, des tarifs de 10 %. Ils devaient entrer en vigueur mardi.

Lundi matin, la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a déclaré qu’elle avait accepté de déployer 10 000 soldats à la frontière américaine pour lutter contre le trafic de drogue, obtenant, plusieurs heures avant le Canada, un sursis.

Le Mexique avait déjà déployé des troupes pour la première fois à sa frontière nord en 2019, invoquant la pression des États-Unis pour freiner la migration.

Donald Trump a déclaré que la suspension des tarifs visait, comme pour le Canada, à permettre des négociations.

Le chef conservateur Pierre Poilievre a aussitôt appelé le gouvernement à déployer des troupes et des hélicoptères des Forces armées canadiennes à la frontière. Sur les réseaux sociaux, il a déclaré que le Canada devrait également « élargir les pouvoirs » de l’Agence des services frontaliers tout en augmentant ses effectifs.

Le Nouveau Parti démocratique a sauté sur l’occasion pour accuser Pierre Poilievre de mentir, rappelant dans un communiqué que ce dernier a promis de réduire la taille de l’État.

En point de presse à Vancouver, le chef conservateur a, une fois de plus, appelé le gouvernement Trudeau a rappeler le Parlement afin de faire adopter le plan qu’il propose visant à mettre « le Canada d’abord ».

Il n’a pas voulu dire si cela reléguait aux oubliettes sa volonté d’aller en campagne électorale le plus rapidement possible.

« On ne devrait pas sécuriser nos frontières pour plaire à un chef (d’État) d’un autre pays. On devrait le faire pour protéger nos propres citoyens », a soutenu celui qui est favori dans les intentions de vote au Canada depuis plus d’un an.

Selon les dires de la cheffe du Parti vert, Elizabeth May, Pierre Poilievre a pu aborder la question de la frontière et de l’attaque que représentent, selon lui, les tarifs de Donald Trump, au cours d’une rencontre virtuelle tenue dimanche entre les chefs de partis fédéraux.

« Le problème n’est pas le fentanyl. Il s’agit d’une attaque contre le Canada et sa souveraineté », a-t-elle déclaré.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet a rappelé qu’il doit se rendre aux États-Unis à la mi-mars. « On comprend qu’il faut accélérer la réflexion sur une négociation toujours nécessaire, et il faut travailler à convaincre la Maison-Blanche que les tarifs décrétés n’étaient pas la meilleure des idées », a-t-il affirmé dans une déclaration écrite.

Par ailleurs, Justin Trudeau a présidé lundi une réunion virtuelle du Conseil sur les relations canado-américaines, qui réunit des intervenants externes chargés de lui fournir leur avis, comme l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest.

L’équipe de Jean Charest a décliné une demande d’entrevue de La Presse Canadienne.

Quoi qu’il en soit, Ottawa a fait savoir qu’il ripostera, au moment nécessaire, au moyen de droits de douane de 25 % sur 30 G$ de marchandises en provenance des États-Unis — touchant des centaines d’articles, de la viande et du lait aux tapis et aux rideaux.

Dans un deuxième temps, le Canada prévoit ajouter 125 G$ supplémentaires de droits de douane sur des centaines d’autres produits américains, après avoir consulté l’industrie.

De l’avis du fondateur de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, Charles-Philippe David, Ottawa a bien façonné son plan de mesures de représailles de façon à cibler des États qui ont permis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.

« C’est exactement ça qu’il faut faire. C’est là où ça va faire mal. […] Et oui, on espère que ça fera effectivement fléchir », a-t-il dit en entrevue.

Justin Trudeau a déclaré, au courant du week-end, que des mesures non tarifaires supplémentaires, y compris certaines liées aux minéraux critiques, à l’énergie et aux marchés publics, font l’objet de discussions entre le fédéral et les provinces.

Pendant ce temps, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a continué de multiplier les apparitions à la télévision américaine pour faire valoir la position du Canada.

Doug Ford, qui a déclenché des élections provinciales anticipées la semaine dernière en utilisant les tarifs douaniers comme justification, a notamment réitéré que 28 États dépendent considérablement du Canada pour le commerce. « Espérons que les esprits plus calmes l’emporteront », a soutenu celui qui préside le Conseil de la fédération canadienne.

Doug Ford s’est dit prêt a répliquer à d’éventuels tarifs en excluant les entreprises américaines des contrats provinciaux, de même qu’en rompant un accord de 100 M$ avec Starlink, une entreprise d’Elon Musk.

Le gouvernement québécois envisage, de son côté, de « pénaliser les entreprises américaines qui travaillent avec le gouvernement du Québec », a récemment déclaré le premier ministre de la province, François Legault. Lundi, il a qualifié de « bonne nouvelle » le sursis de 30 jours, même s’il a souligné que la menace n’a pas complètement disparu.

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Des mesures de rétorsion ciblées face aux droits de douane américains https://uat-phoenix.finance-investissement.com/nouvelles/des-mesures-de-retorsion-ciblees-face-aux-droits-de-douane-americains/ Fri, 31 Jan 2025 12:13:12 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=105171 Si le président américain Donald Trump tient sa promesse d’appliquer des droits de douane de 25 % sur les produits canadiens, Ottawa devrait riposter en imposant des droits de douane sur des produits symboliques tels que le bourbon du Kentucky et le whisky du Tennessee.

S’exprimant lors d’un événement en ligne du Global Risk Institute le 23 janvier dernier, Trevor Tombe, professeur d’économie à l’université de Calgary, a affirmé que cela minimiserait les impacts négatifs sur l’économie canadienne et servirait de mesure de relations publiques.

« Prendre des mesures de rétorsion générales revient simplement à taxer les Canadiens et à perturber notre propre capacité de production », a expliqué Trevor Tombe.

Selon ses calculs, des mesures de rétorsion complètes entraîneraient une contraction de l’économie canadienne de 2,5 %, alors que des mesures plus mesurées permettraient de limiter cette contraction à moins de 2 %.

« Une récession typique est de l’ordre de 3 % de réduction du PIB. Par conséquent, une guerre commerciale de ce type induirait une récession », a analysé Trevor Tombe.

La majeure partie des recettes fédérales provient de l’impôt sur les sociétés et de l’impôt sur le revenu. Par conséquent, une contraction de l’économie amputerait le budget fédéral d’environ 15 milliards de dollars (G$).

Néanmoins, le gouvernement pourrait gagner environ 80 G$ en recettes tarifaires s’il prenait des mesures de rétorsion. « Les recettes tarifaires peuvent être distribuées à la fois aux particuliers, aux entreprises et aux gouvernements provinciaux afin d’amortir le choc des perturbations économiques », a rappelé Trevor Tombe.

Les échanges commerciaux entre les deux pays représentent environ un tiers de l’activité économique au Canada et seulement 3 % de l’activité économique aux États-Unis.

« Les perturbations [commerciales] ont un effet plus direct sur l’économie du Canada que sur celle des États-Unis », a-t-il prévenu.

En outre, les 2,4 millions d’emplois canadiens exposés aux droits de douane américains pourraient être confrontés à des réductions d’heures, à une croissance salariale plus faible et à des pertes d’emplois, a averti Trevor Tombe. Les économies provinciales soutenues par les exportations vers les États-Unis, telles que les véhicules automobiles de l’Ontario et les combustibles fossiles de l’Alberta, pourraient connaître une augmentation du chômage en raison de la réduction de la demande de produits canadiens.

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Donald Trump annonce que les tarifs s’appliqueront samedi https://uat-phoenix.finance-investissement.com/nouvelles/donald-trump-annonce-que-les-tarifs-sappliqueront-samedi/ Fri, 31 Jan 2025 12:11:10 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=105262 Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi que les tarifs de 25 % sur les importations du Canada et du Mexique seraient appliqués samedi, mais il réfléchit toujours à l’opportunité de frapper aussi de taxes le pétrole produit par ces pays.

« On pourrait le faire, ou pas, a déclaré Donald Trump aux journalistes jeudi dans le Bureau ovale. Nous allons probablement prendre cette décision ce soir. »

Donald Trump a déclaré que sa décision serait basée sur le fait que le prix du pétrole facturé par les deux partenaires commerciaux demeure équitable, bien que la base de ses menaces de tarifs concerne l’arrêt de l’immigration illégale et de la contrebande de produits chimiques utilisés pour le fentanyl.

Les États-Unis ont importé près de 4,6 millions de barils de pétrole par jour du Canada en octobre et 563 000 barils du Mexique, selon l’Energy Information Administration. La production quotidienne aux États-Unis a atteint en moyenne près de 13,5 millions de barils par jour au cours de ce mois.

Mais Donald Trump n’a montré aucune inquiétude quant aux répercussions négatives que pourraient avoir ces tarifs sur l’économie américaine, malgré le risque de hausse des prix mis en évidence dans de nombreuses analyses économiques.

« Nous n’avons pas besoin de leurs produits, a déclaré Donald Trump. Nous avons tout le pétrole dont nous avons besoin. Nous avons tous les arbres dont nous avons besoin, c’est-à-dire le bois. »

Le président a également déclaré que la Chine paierait des droits de douane pour ses exportations de produits chimiques utilisés pour fabriquer le fentanyl. Il a déjà annoncé un droit de douane de 10 % qui s’ajouterait aux autres taxes à l’importation appliquées aux produits en provenance de Chine.

Vidéo de LeBlanc

Le ministre fédéral des Finances, Dominic LeBlanc, a envoyé une vidéo montrant les initiatives canadiennes aux frontières à l’homme que le président américain Donald Trump a choisi pour superviser son programme de tarifs douaniers — dans le cadre de la campagne d’Ottawa pour éviter les droits de douane dévastateurs qui pourraient être imposés dès samedi.

Le cabinet du ministre LeBlanc a confirmé que la vidéo de trois minutes avait été envoyée par texto à Howard Lutnick mercredi soir, après l’audience sénatoriale pour étudier la nomination du milliardaire à la tête du département américain du Commerce.

Howard Lutnick a déclaré aux sénateurs mercredi que les droits de douane tous azimuts de 25 % évoqués par Donald Trump seraient une mesure d’urgence pour assurer la sécurité des frontières — et qu’ils pourraient être suivis de nouveaux droits de douane à l’avenir.

Le ministre LeBlanc avait rencontré Howard Lutnick à Mar-a-Lago à la fin de l’année dernière, lorsqu’il s’est rendu en Floride, avec le premier ministre Justin Trudeau, pour un dîner avec Donald Trump quelques jours après que le président désigné a brandi pour la première fois sa menace de droits de douane.

Le cabinet du ministre LeBlanc explique que la vidéo était destinée à fournir un contexte à un message personnel d’accompagnement.

La démarche du ministre LeBlanc intervient alors que la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, le ministre de la Sécurité publique, David McGuinty, et le ministre de l’Immigration, Marc Miller, sont à Washington ou en route vers la capitale américaine, jeudi et vendredi, afin de rencontrer des sénateurs et des membres de l’équipe Trump.

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Rendements modestes et volatilité des marchés en 2025 https://uat-phoenix.finance-investissement.com/nouvelles/rendements-modestes-et-volatilite-des-marches-en-2025/ Thu, 30 Jan 2025 12:19:49 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=105035 Dans un contexte d’incertitude politique accrue et de menace de tarifs douaniers américains, les investisseurs peuvent s’attendre à des rendements modérés et à une plus grande volatilité cette année, selon un rapport d’Edward Jones.

Après les rendements à deux chiffres de l’année dernière, les prévisions de croissance économique, la poursuite des dépenses de consommation et la normalisation des marchés de l’emploi « favorisent une poursuite de l’expansion des marchés boursiers, bien que celle-ci puisse s’accompagner de périodes de volatilité accrues et de gains plus modérés », selon le rapport d’Edward Jones.

Malgré l’incertitude liée à des facteurs tels que les droits de douane américains, « nous continuons à considérer la volatilité du marché comme une opportunité pour les investisseurs de rééquilibrer, de diversifier et d’ajouter des investissements de qualité aux portefeuilles d’actions et d’obligations au cours de l’année à venir », indique le rapport.

Edward Jones s’attend à une croissance économique positive au Canada et aux États-Unis, stimulée par la baisse des taux d’intérêt qui soutient la consommation des ménages et des entreprises, ainsi que par la déréglementation et les réductions d’impôts potentielles aux États-Unis. « Ces facteurs peuvent être contrebalancés par l’incertitude entourant les tarifs douaniers et les guerres commerciales, mais nous estimons que ce risque est davantage limité à des secteurs spécifiques et à des pairs mondiaux », précise le rapport.

Toutefois, le protectionnisme et les projets de tarifs douaniers devraient entraîner une plus grande volatilité des marchés. Edward Jones a également noté que les rendements devront être basés sur la croissance des bénéfices, plutôt que sur une nouvelle expansion des multiples. La croissance des bénéfices du TSX devrait s’accélérer pour atteindre 10 %, selon le rapport, et les bénéfices du S&P 500 pourraient augmenter de 10 % à 15 %, en fonction de facteurs tels que la réduction de l’impôt sur les sociétés par l’administration Trump.

De manière positive, la croissance des bénéfices devrait s’étendre aux valeurs cycliques et de valeur, selon le rapport, et ne pas rester concentrée dans le secteur technologique. Par exemple, les valeurs financières et industrielles aux États-Unis pourraient bénéficier de la déréglementation. Dans ce contexte, le rapport suggère une « large participation » aux marchés des actions en 2025, « qui pourrait récompenser ceux qui ont des portefeuilles bien équilibrés ».

Les guerres commerciales vont accroître la volatilité des marchés

Le président élu des États-Unis, Donald Trump, a proposé des droits de douane universels de 25 % sur les importations et des droits de douane de 60 % sur les importations en provenance de Chine. Le rapport indique que les pays ayant d’importants déficits commerciaux avec les États-Unis, notamment le Mexique, le Vietnam, l’Allemagne et le Japon, pourraient être touchés, ce qui rendrait leurs produits plus chers.

« Bien que la dépréciation de la monnaie puisse partiellement compenser ces coûts [tarifaires], les perturbations commerciales pourraient également conduire les entreprises étrangères à ralentir leurs investissements et leurs embauches, ce qui pèserait sur la croissance économique », prédit le rapport.

Le Canada ne serait pas épargné non plus. La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a récemment affirmé que des droits de douane américains de 25 % sur les produits canadiens, suivis d’éventuels droits de douane canadiens en représailles, conduiraient les deux tiers (65 %) des petites entreprises à augmenter les prix pour les consommateurs. La semaine dernière, la fédération a envoyé aux premiers ministres provinciaux une lettre contenant des recommandations, telles que la réduction de la charge fiscale des entreprises et le renforcement des mesures de sécurité aux frontières, afin de répondre aux préoccupations des États-Unis.

Le 15 janvier, les Manufacturiers et Exportateurs du Canada (MEC) ont envoyé une lettre au gouvernement fédéral et aux chefs des partis fédéraux, les exhortant à prendre des mesures pour protéger le secteur manufacturier de la menace des droits de douane américains. La lettre indique que le secteur manufacturier serait le plus durement touché par les droits de douane américains proposés et que 90 % des fabricants s’attendent à ce que les droits de douane aient des répercussions importantes.

Le rapport d’Edward Jones indique que la politique commerciale américaine continuera probablement à faire la une des journaux et à provoquer des accès de volatilité sur les marchés.

« Étant donné que les États-Unis sont responsables de la majorité des exportations canadiennes, la mise en œuvre de tarifs douaniers sur les produits canadiens pourrait rendre les exportateurs nationaux moins compétitifs et peser sur la croissance économique du Canada, indique le rapport. Du point de vue des États-Unis, la mise en œuvre de tarifs douaniers pourrait protéger les intérêts manufacturiers américains, mais poserait un risque à la hausse pour l’inflation et pourrait peser sur la croissance économique américaine en raison d’une réduction du revenu réel des ménages. »

Dans l’ensemble, le rapport recommande aux investisseurs de surpondérer les actions américaines par rapport aux obligations internationales, aux actions canadiennes à grande capitalisation et aux actions des marchés développés d’outre-mer. Un tel positionnement peut « aider à maintenir un niveau de qualité dans votre portefeuille tout en bénéficiant d’investissements plus cycliques, qui sont soutenus par la croissance américaine », selon le rapport.

Edward Jones a également rappelé aux investisseurs que, d’après les données historiques, les marchés ont tendance à bien se comporter, quel que soit le parti politique au pouvoir. La société a invité les investisseurs à ne pas faire de politique avec leurs portefeuilles.

« Il peut être facile d’avoir une réaction émotionnelle lorsque les programmes politiques ne correspondent pas à vos valeurs et croyances, concède le rapport. Mais cela peut être préjudiciable à un portefeuille d’investissement si vous vous permettez de modifier votre plan à long terme sur la base d’événements à court terme. »

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La Réserve fédérale devrait maintenir ses taux https://uat-phoenix.finance-investissement.com/nouvelles/la-reserve-federale-devrait-maintenir-ses-taux/ Wed, 29 Jan 2025 11:53:42 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=105192 La Réserve fédérale des États-Unis (Fed) maintiendra presque certainement son taux directeur inchangé lors de sa réunion de politique monétaire cette semaine, quelques jours seulement après que le président Donald Trump a déclaré qu’il exigerait bientôt des taux plus bas.

Les responsables de la Fed, dirigés par le président Jerome Powell, ont réduit leur taux pour trois réunions consécutives, à environ 4,3 %, contre un sommet de deux décennies à 5,3 %. Pourtant, plusieurs rapports économiques récents montrant une bonne embauche et certains progrès sur l’inflation, les décideurs politiques ont annoncé que le rythme des baisses de taux ralentirait cette année. Certains ont suggéré que peu de réductions étaient nécessaires.

Bien que la réunion de deux jours qui se termine mercredi puisse être sans incident, elle marque néanmoins le début d’une année qui s’annonce turbulente pour la Fed. Jeudi dernier, le président Trump a clairement indiqué qu’il comptait commenter la politique des taux d’intérêt et a déclaré : « Je connais les taux d’intérêt bien mieux qu’eux. »

Dans le même temps, les responsables de la Fed traversent également une période délicate pour l’économie : ils veulent maintenir les coûts d’emprunt suffisamment élevés pour ramener l’inflation à leur objectif de 2 %, sans les maintenir trop hauts trop longtemps et plonger l’économie dans une récession.

La dernière fois qu’il était à la Maison-Blanche, Donald Trump a menacé de licencier Jerome Powell, qu’il avait nommé fin 2017, mais il a plus récemment abandonné ces menaces. Le mandat de Jerome Powell en tant que président de la Fed se termine en mai 2026, date à laquelle Donald Trump peut nommer un remplaçant.

D’ici là, les commentaires de jeudi de Donald Trump montrent qu’il s’attend à remettre régulièrement en question la Fed en public, malgré une tradition de plusieurs décennies parmi les présidents américains d’adopter une approche non interventionniste à l’égard de la banque centrale. L’ancien président Joe Biden a reconduit Jerome Powell, plutôt que de le remplacer, en signe d’indépendance de la banque centrale par rapport à la politique.

Vincent Reinhart, économiste en chef chez BNY Investments et ancien économiste en chef de la Fed, indique que Jerome Powell ne laisserait pas les attaques de Donald Trump affecter ses décisions politiques.

« Si vous aimez votre indépendance, alors vous devez vivre avec les critiques, rappelle M. Reinhart. Si ce ne sont que des paroles, ce n’est pas une préoccupation particulière pour la Fed. Je pense que le président Powell comprend que ce sont les règles du jeu. »

Observation de l’inflation

Pendant ce temps, les responsables de la Fed ont clairement indiqué qu’ils prévoyaient de renoncer à une hausse des taux, au moins en janvier, pour évaluer le marché de l’emploi et l’économie.

« En janvier, nous devons en quelque sorte voir ce qui va se passer », a indiqué le gouverneur de la Fed Christopher Waller plus tôt ce mois-ci lors d’une entrevue sur CNBC. Les responsables de la Fed « doivent voir un peu plus de progrès sur l’inflation », a-t-il ajouté, bien qu’il ait également déclaré qu’elle se rapprochait « très près » de leur objectif.

L’inflation annuelle n’était que de 2,4 % en novembre, selon l’indicateur préféré de la Fed, à peine au-dessus de son objectif, mais elle y est bloquée depuis environ six mois. Il y a néanmoins des signes qui laissent penser que les prix devraient baisser plus tard dans l’année. Une poussée de construction d’appartements ralentit la croissance des coûts de location et l’inflation des assurances automobile a également ralenti.

Certains responsables, dont Beth Hammack, présidente de la branche de Cleveland de la Fed, ont fait valoir que la persistance de l’inflation signifie que la Fed devrait maintenir son taux directeur élevé. Beth Hammack a voté contre la baisse d’un quart de point de la Fed le mois dernier.

Les embauches ont rebondi en décembre, inversant la tendance à la baisse de l’automne qui avait ébranlé la Fed. Les décideurs avaient convenu de réduire le taux directeur de la Fed d’un demi-point en septembre, en partie parce qu’ils craignaient qu’un marché du travail alors en déclin ne conduise à une récession. Pourtant, le taux de chômage a baissé à un faible niveau de 4,1 % le mois dernier. Un ralentissement marqué des embauches inciterait probablement la Fed à réduire les taux plus rapidement.

Un comité divisé

Les responsables de la Fed ont indiqué en décembre qu’ils prévoyaient de réduire les taux seulement deux fois cette année. Mais le comité de 19 membres qui prend les décisions sur les taux d’intérêt est clairement divisé. Certains responsables, comme Christopher Waller et Austan Goolsbee, président de la branche de Chicago de la Fed, s’attendent à ce que l’inflation continue de ralentir et soutiennent que le taux de la Fed n’a pas besoin d’être aussi élevé.

D’autres, comme Beth Hammack et Jeffrey Schmid, président de la branche de Kansas City, affirment qu’avec une inflation toujours supérieure à l’objectif et une économie en bonne santé, il n’est pas nécessaire de réduire les coûts d’emprunt, ou du moins pas de beaucoup.

La grande inconnue pour la Fed cette année est de savoir si Donald Trump imposera des droits de douane, quelle sera leur ampleur et si cela fera monter les prix. L’expulsion massive d’immigrants pourrait également forcer les employeurs à payer plus cher les travailleurs pour occuper les postes vacants, ce qui pourrait également faire grimper l’inflation.

La plupart des économistes prévoient que des droits de douane généralisés augmenteront probablement l’inflation d’environ plusieurs dixièmes de point de pourcentage — pas beaucoup, mais potentiellement suffisamment pour que la Fed reporte les baisses de taux. Il faudra peut-être des mois pour que les droits de douane soient officiellement imposés et pour évaluer ensuite leur impact sur l’économie. Certains économistes ne pensent pas que l’impact sera apparent avant l’année prochaine.

Kevin Warsh, ancien gouverneur de la Fed et candidat potentiel pour remplacer Jerome Powell, a fait valoir dans une récente chronique du Wall Street Journal que les promesses de Donald Trump de réduire la réglementation pourraient aller dans l’autre sens, en réduisant les coûts pour les entreprises et en faisant baisser l’inflation.

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Les économistes s’attendent à une nouvelle baisse de taux https://uat-phoenix.finance-investissement.com/nouvelles/les-economistes-sattendent-a-une-nouvelle-baisse-de-taux/ Mon, 27 Jan 2025 18:52:40 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=105184 Les prévisions économiques suggèrent que la Banque du Canada devrait probablement abaisser son taux directeur d’un quart de point de pourcentage mercredi à la lumière des données récentes sur l’inflation et l’emploi, le ramenant à 3 %.

La baisse d’un quart de point marquerait un ralentissement par rapport aux deux précédentes baisses de grande ampleur de la banque centrale. Elle a réduit son taux directeur d’un demi-point de pourcentage en octobre et en décembre, alors que l’inflation se situait à ou en dessous de sa cible de 2 %.

L’inflation annuelle du Canada est tombée à 1,8 % en décembre, en grande partie grâce à l’allégement temporaire de la taxe sur les produits et services (TPS) accordé par le gouvernement fédéral.

« [Avec] les données sur l’inflation, nous avons vu tous les chiffres baisser, donc c’est un signe positif, observe Tu Nguyen, économiste chez RSM Canada. Nous ne nous attendons pas vraiment à une remontée de l’inflation, et elle se situe précisément dans la cible de 2 % en ce moment, il semble donc que la banque ait suffisamment de marge de manœuvre pour procéder à une autre réduction. »

Statistique Canada a indiqué la semaine dernière que les achats de nourriture au restaurant et d’alcool dans les magasins ont contribué le plus à la décélération de l’inflation globale. Ottawa a instauré une pause temporaire de taxes sur ces articles à la mi-décembre, ainsi que sur d’autres articles, notamment les vêtements pour enfants et certains jouets.

Sans l’allégement fiscal, l’agence a précisé que l’inflation annuelle aurait été de 2,3 %.

La menace tarifaire

Bien que l’inflation de base plus élevée que prévu et la croissance récente du produit intérieur brut (PIB) puissent justifier un gel du taux directeur, la menace tarifaire des États-Unis devrait entraîner une réduction modeste, selon un rapport de Thomas Ryan de Capital Economics.

Le président américain Donald Trump a annoncé la semaine dernière que sa menace d’un tarif universel de 25 % sur les produits canadiens pourrait devenir réalité dès le 1er février.

Thomas Ryan précise que les marchés anticipent une faible probabilité du statu quo, la majorité prévoyant une réduction d’un quart de point.

« Le problème majeur, c’est le nouveau président élu au sud de la frontière, qui a menacé à maintes reprises d’imposer des droits de douane de 25 % sur toutes les importations canadiennes », explique l’économiste, notant qu’une telle mesure entraînerait une chute du PIB d’environ 3 % et déclencherait une récession.

« Même s’il ne met pas ses menaces à exécution, de telles menaces risquent de peser lourdement sur la confiance des entreprises cette année. La banque sera très attentive à ces risques lors de la prochaine réunion et pourrait ressentir un certain sentiment d’urgence pour agir. »

Dans l’ensemble, la Banque du Canada a abaissé son taux directeur cinq fois de suite depuis juin dernier.

Cependant, le gouverneur Tiff Macklem a souligné le mois dernier que la banque ralentirait probablement le rythme des réductions à l’avenir.

La possibilité d’une guerre commerciale avec les États-Unis rend peu probable que la banque prolonge sa séquence de réductions à sept lorsqu’elle prendra sa décision suivante en mars, selon Tu Nguyen.

« Je pense qu’il est plus que jamais sage pour la banque de ralentir le rythme et de prendre vraiment une décision une réunion à la fois, explique-t-elle. Cela revient au degré d’incertitude auquel l’économie canadienne est confrontée. Les tarifs risquent de faire à nouveau grimper l’inflation, et jusqu’à ce qu’il y ait plus d’informations à ce sujet, je pense qu’il est plus prudent de simplement ralentir le rythme des réductions. »

L’emploi en jeu

Tu Nguyen ajoute que les dernières données sur l’emploi de Statistique Canada indiquent également la probabilité d’une réduction modeste cette fois-ci.

Le marché du travail canadien a créé 91 000 emplois en décembre, le taux de chômage ayant baissé de 0,1 point de pourcentage à 6,7 %, selon la dernière enquête sur la population active.

Le rapport a également souligné le ralentissement de la croissance des salaires, le salaire horaire moyen ayant augmenté de 3,8 % sur un an en décembre — la croissance la plus lente depuis mai 2022.

Tu Nguyen affirme que la croissance des salaires au Canada a alimenté l’inflation des services, ce qui signifie que la dernière baisse indique un ralentissement de la croissance des prix.

L’experte financière de NerdWallet Canada, Shannon Terrell, convient qu’une réduction « plus mesurée » d’un quart de point de pourcentage serait le résultat le plus probable de l’annonce de mercredi, mais n’a pas exclu un maintien des taux.

« Les chiffres de l’emploi de décembre suggèrent que le moteur économique du pays pourrait trouver sa place sans avoir besoin de mesures de relance, écrit-elle dans un communiqué. De plus, l’inflation étant enfin parvenue à se rapprocher de la cible de la banque, des taux stables pourraient nous aider à maintenir le cap et à préserver la stabilité pour laquelle nous avons lutté avec acharnement. »

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Le patron de la Banque Nationale lance un appel à la vigilance économique https://uat-phoenix.finance-investissement.com/nouvelles/le-patron-de-la-banque-nationale-lance-un-appel-a-la-vigilance-economique/ Fri, 24 Jan 2025 11:54:11 +0000 https://www.finance-investissement.com/?p=105158 Le « choc » de la menace d’une guerre tarifaire doit être l’occasion pour les gouvernements « de se réveiller » au sujet de l’économie canadienne qui va dans la mauvaise direction, s’inquiète le grand patron de la Banque Nationale, Laurent Ferreira.

Laurent Ferreira et l’économiste en chef de l’institution financière montréalaise, Stéfane Marion, ont tracé un portrait pessimiste des grandes tendances économiques, jeudi, lors d’une présentation devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

« Notre économie est à un moment critique et décisif, a prévenu Laurent Ferreira devant un parterre de gens d’affaires. La performance économique du Canada est en recul depuis un bon moment. »

Il a identifié la baisse de la productivité au Canada, le manque d’investissements en recherche et développement, le déclin des investissements dans le secteur manufacturier et la trop lourde réglementation comme des tendances inquiétantes.

L’administration « combattive » de Donald Trump aux États-Unis confronte le Canada à reconnaître ses faiblesses, selon lui. Bien qu’inquiétante, la menace de tarifs représente une occasion de réfléchir à la politique économique du Canada. « Des fois, ça prend un choc comme Trump pour se réveiller et c’est une bonne chose », réagit Laurent Ferreira en entrevue en marge de la présentation.

Il reconnaît que le fédéral et les provinces se sont montrés proactifs face à la menace d’une guerre tarifaire. « Je pense qu’il faut continuer dans cette veine-là parce que pour avoir une réponse à ce qui se passe en ce moment-là avec Trump, il faut remettre l’économie canadienne sur les rails, puis avancer. »

L’homme d’affaires est toutefois plus dur quand on parle de la politique économique canadienne des dix dernières années. Le fédéral n’aurait pas été suffisamment à l’écoute du milieu des affaires durant cette période, selon lui. « Je pense qu’au niveau du fédéral, ça s’est gâté un peu plus dans les dix dernières années. »

Les dix dernières années coïncident avec les années du gouvernement libéral de Justin Trudeau. Laurent Ferreira n’a pas voulu se prononcer s’il souhaitait un changement de parti à Ottawa lors de la prochaine élection.

Il note que les libéraux auront un nouveau chef. « Je pense qu’on est dû pour un changement. […] Puis je pense que, clairement, le Parti libéral en ce moment travaille là-dessus. Alors que ce soient les libéraux ou les conservateurs, je pense que ce qui est important, c’est de remettre l’économie canadienne comme une des plus importantes priorités. »

L’une des priorités devrait être de réduire la réglementation, croit Laurent Ferreira « Les Américains vont vite réduire la réglementation et les impôts de leurs entreprises, ce qui risque d’élargir l’écart de productivité entre nos deux pays. Il faut réagir rapidement et aider les entreprises canadiennes. Il faut s’attaquer à la réglementation au Canada, qui est un poids, et également au niveau d’imposition. »

Les barrières aux commerces entre provinces pourraient être l’un des premiers endroits où les gouvernements pourraient faire une différence. « Ça ne coûte rien de faire ça. Alors, qu’est-ce qu’on attend ? »

Le marché va contenir Trump

Au cours de son allocution, Laurent Ferreira a dit douter que l’administration Trump puisse aller jusqu’au bout avec sa menace de tarifs de 25 %. « L’économie, ce qui touche le consommateur, les taux d’intérêt, le marché boursier américain sont des garde-fous qui pèseront lourd dans les décisions du gouvernement américain. […] La réputation du président Trump, c’est sa plus grande préoccupation. »

L’économiste en chef, Stéfane Marion, abonde dans le même sens. Les tarifs feraient bondir l’inflation aux États-Unis, ce qui entraînerait une augmentation des taux d’intérêt sur les obligations américaines au moment où Washington affiche un important déficit.

Il note que les taux d’intérêt des obligations aux États-Unis ont commencé à monter, même si la Réserve fédérale (Fed) assouplit sa politique monétaire. Cela fait également en sorte d’augmenter les taux hypothécaires.

« C’est troublant pour Donald Trump et c’est la raison pour laquelle je ne pense pas que le 25 % puisse se faire sans avoir un dommage collatéral important sur les marchés financiers américains », estime l’économiste en chef de la Banque Nationale.

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